18 September 2007

Tourne et retourne

Le lundi est également de toute beauté. La tiédeur de Petite gazelle repousse la grande gazelle chez le léopard. Echanges intenses de mots simples, sur la vie normale, échanges intenses de sexes, tourne et retourne, la cuisson est excellente.
Nous prévoyons un week-end en la capitale, profitant d'un déplacement professionnel de mon côté. Nous allons essayer la Salsa ensemble. L'escalade est programmée.

Photo : http://www.flickr.com/photos/fancywork/1196596996/

16 September 2007

Jouir de vivre

Hier, c'était la journée A., dans sa ville. Une fête avec trop d'enfants, mais belle fête malgré tout. A mon retour, repas chez les gazelles. Je bourde un brin. La gazelle vient dormir à la maison. Je vois bien qu'il y a un truc qui coince. Je la questionne assez pour obtenir une réponse. Je peux corriger la bourde. Nous allons chez elle, passons une matinée tranquilles. Je lui donne quelques leçons d'informatique, sur le nouveau poste que je viens de lui installer. Désormais, nous pourrons échanger sans qu'elle doive aller dans la chambre de sa fille. Good news, isn't it?
Ensuite, une belle salade en ville, arrosée d'une agréable pression. Je la prends beaucoup en photo. Ca l'agace au début, puis elle comprend que je lui dis qu'elle est belle en faisant cela. Elle se détend. Hop, nous allons nous baigner. Dans la mer, nous nageons nus. Nous sommes heureux. Il fait beau. Le bleu est superbe. Je prends des photos à la sauvette. Nous rentrons et mangeons avec petite gazelle. Mon appétit est totalement revenu. C'est un délice de voir son corps réclamer son dû. Les affaires reprennent, dit-elle. Nous regardons un long morceau de Selon Charlie, mais nous finissons pas rentrer dans la maison du Léopard, le désir étant devenu presque violent... Nous festoyons ensemble, un peu dans tous les sens, comme des jouvenceaux. Jouir. Une première, ce soir, marque une étape supplémentaire dans notre itinéraire sexuel. La rencontre s'approfondit chaque jour un peu plus...
Nous sommes heureux. Nous nous le disons. Elle ajoute des "très très très très" bien sonnants. Son regard est beau, noir et intense, il soutient enfin le mien, il brille de mille feux, d'une joie intense.
- Nous sommes embarqués pour de bon, là, on dirait.
- On dirait bien, oui.

Photo (c) http://www.flickr.com/photos/emmaviguier/474467169/

La femme chocolat

En lingots, assez bruts, bien lourds et bien généreux, des morceaux de bonheur à croquer comme du chocolat. Et pourtant elle est si fine et légère! La générosité, le coeur et l'intelligence de l'âme ne se pèsent décidément pas en kilogrammes.

Photo :
http://www.flickr.com/photos/andyspics/28849407/

13 September 2007

Logistique sexuelle et acoustique

Le dimanche fut aussi beau que le samedi. Jogging à 4, photographies avec Cocotte et Cocotti, repas à la maison. Semaine de maraude : la cohabitation avec la petite gazelle est parfois compliquée à gérer, du point de vue de la logistique sexuelle... si je puis dire. Nous bricolons des solutions qui nous permettent d'avoir une vie sexuelle au moins les jours pairs... ou quelque chose d'approchant. A cela s'ajoutent les subterfuges du matin, les envoyades de jeune adolescente en séjour chez la grand-mère, etc. Nous faisons actuellement une étude sonore de faisabilité de vie sexuelle en présence de la jeune fille... dans la chambre d'à côté. Même si les lieux sont assez mal disposés, mal insonorisés, et le lit totalement inadapté à la discrétion acoustique, j'imagine que nous ne sommes pas seuls dans ce cas?

Photo (c) : http://www.flickr.com/photos/velco/1029792856/

08 September 2007

Gazelle et lionceau

Samedi de toute beauté, avec les gazelles et le petit lionceau et moi. Chez moi, avec la chaleur de gens heureux de se retrouver ensemble. Au coucher, le lionceau :
- Papa, je suis content d'avoir rencontré ma belle-mère
- Moi aussi, je suis content. Mais la gazelle n'est pas ta belle-mère, c'est l'amoureuse de ton papa.
- Oui, mais moi je préfère dire "maman"
- Ce n'est pas ta maman non plus. Tu as une seule maman, et c'est maman. Ca n'empêche pas qu'on soit bien ensembles et ça n'empêche pas de s'aimer, tu sais.

07 September 2007

"Le professionnel"



Je ne suis pas un professionnel
de l'amour et de la vaisselle.
Je ne suis pas un intellectuel.
J'aime quand tu me trouves beau,
que tu me dis que j'ai ce qu'il faut pour être ton héros.

Non, je ne suis pas un genre de criminel
si je ne sais plus qui est cette beauté.
Cette triste fée dans mon lit, ma maison,
qui ne comprend pas quand je lui dit combien je l'aime,
qu'elle est bien celle qui me donne des ailes.

Non, je ne suis pas un professionnel
de la nuit qui sourie sans envie.
Non je ne suis pas un coeur artificiel.
Que mon corps pour vivre sous ton ciel,
et que tu m'aimes ; que tu me dises
que j'ai ce qu'il faut pour être ton héros

Non, je ne suis pas un professionnel
un professionnel
un professionnel
un professionnel.

La prière



La prière
Paroles: Poème de Francis Jammes

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie: " Mon Dieu ! " par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie.

Pénétrons ensemble dans la lumière...



http://www.flickr.com/photos/69659670@N00/1331300423/

Ce pourrait être toi



http://www.flickr.com/photos/rouz/413986573/

06 September 2007

Mathématique de masse

Janvier 2007 : 84kg
Juin 2007 : 73kg
Septembre 2007 : 69kg
Je ne suis pas mathématicien, mais il semblerait que la réduction du poids du baigneur, même mué en gnou amoureux, soit encore en train de se poursuivre. Je ne suis pas sûr que cela soit une bonne nouvelle. Cela dit, ce n'est pas grave, je vais me reprendre et manger un peu plus, désormais.

V V V

Elle me donne vraiment, vraiment, vraiment beaucoup d'amour. Je me sens bien avec elle. Je me sens libre d'éprouver, de vivre et d'aimer. Je suis tellement soulagé...

05 September 2007

Merci, gazelle

Difficile de décrire les deux jours qui viennent de s'écouler. Découragement, désespoir, insomnie, angoisse, fin du monde? Réflexions profondes sur les moyens d'en finir. Et puis, on dirait que ça passe, grâce à l'amour de la gazelle, dirait-on. Merci gazelle.

03 September 2007

Petite et grande gazelle sont dans un appartement

Le désir de la voir. Les échanges par courrier électronique et par SMS. La voir. Discuter avec la grande et la petite gazelle lors du repas. Tout-à-fait agréable. Profiter de la soirée avec la grande gazelle, tandis que la petite range sa chambre (si, si, c'est la rentrée...). Profiter du canapé en essayant de mettre au point le vieil ordinateur portable que je lui ai dégotté pour que nous puissions partager par voie électronique. Pas fini le boulot, mais j'ai envie de penser à autre chose. Je me colle à elle. La distance était trop grande. La soirée sage. Calme, trop calme. La toucher m'empli d'aise. Mais il manque quelque chose. Et la petite gazelle est trop près... Et nous ne pouvons aller dans la chambre, séparée par à peine une fine cloison avec la chambre de petite gazelle... Impasse. Hier, c'était déjà la même chose... et nous avions décidé d'être sages. J'étais rentré chez moi. Là, ça devient un peu dur... J'ai peu à dire pour proposer et obtenir qu'elle m'accompagne jusque chez moi... La petite gazelle doit halluciner... et sa maman est toute chose! Est-ce l'aller ou le retour qui sont les plus déconcertants pour la gazelle?

Ca tourne tout le temps ?

Gazelle : "Tu n'arrêtes jamais, ton cerveau n'est jamais au repos. C'est normal que tu sois fatigué. Ca tourne tout le temps, là-dedans."

02 September 2007

La grande lessive

Je suis un garçon à cycles, en cycles, cyclique. Il faut le savoir.
Je suis un homme à émotion. Je suis sensible, une vraie corde de violon qui vibre, qui frémit, gémit, se tend, se détend, craint, hurle, agite, propulse, se fend, se tend, se tord.
Alors, cet homme à émotions vit fort. Et mal.

Elle m'a trouvé distant hier, quand nous étions avec la belle blonde, son amie. J'étais seulement attentif à l'inclure dans notre groupe, et à ménager la petite gazelle, dont j'ignorais comment elle supporterait ma tendresse envers la grande gazelle.

Après les pleurs de la nuit dernière, après avoir traversé la ville à pied et rencontré le vilain fantôme de Cruella plusieurs fois, c'en était sans doute trop pour ma capacité de résistance du moment. Envie de pleurer, mais rien ne vient. Plusieurs fois, dans la journée, le menton qui vibre, comme si l'explosion se tapissait dans la gorge, prête à jaillir. Elle n'a jamais atteint le seuil limite, mais la matinée fut maussade.

Après ces semaines intenses, la fatigue a pris le dessus. Voici la rencontre avec les petites habitudes du quotidien de chacun, avec les sensibilités et les fragilités de l'autre, avec les petits malentendus liés à l'histoire et au langage de l'un et de l'autre. Ces émotions m'ont lessivé. Littéralement. Tendu dans l'attente, épuisé par les émotions favorables et les crises, me voici lessivé. Incapable de m'accrocher au moment où ça décroche. Parce que je décroche, je dévisse, je glisse, je tombe. Je tombe. Repensé au suicide aujourd'hui.

Après une belle discussion avec la gazelle, qui trouve tout de même que je complique les choses à l'excès, j'ai commencé à remonter la pente. Dépasser la lessive des sentiments, cette transparence diaphane, ce passage à vide, ce passage vidé, cette impasse en forme de tunnel.

Je suis en train de le dépasser, sans doute grâce à l'amour (grâce à quoi d'autre cela serait-il possible?).

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01 September 2007

Pleuraison

Allongés sur le dos, côte à côte, au repos après d'intenses fééries corporelles. Il est tard. Très tard.
Elle - Quand tu auras apaisé tes angoisses, peut-être voudras-tu un enfant.
Moi - Je ne sais pas.
Elle - Je me dis que tu le savais quand tu m'as rencontré, l'âge que j'ai, où j'en suis sur ça.
Moi - Oui, je savais, mais je n'ai guère réfléchi. J'ai laissé parler mon coeur.
Est alors survenue une larme silencieuse. Puis une deuxième, sur l'autre oeil. Puis quelques autres larmes, toutes aussi silencieuses. Dans ma tête, mille choses. Des ventres ronds, ceux que j'ai pas produits, ceux que les autres ont produit là où je voulais le faire, la frustration, la douleur de n'avoir été père qu'une fois, la frustration, la douleur, de se dire qu'il est raisonnable de ne plus lancer de travaux en ce domaine, tant l'entreprise est éprouvante et tant elle dépasse, probablement, mes capacités. La frustration, la douleur de n'avoir pas compris ce qui m'arrivait. L'aventure des femmes. La douleur d'un viol de soi par un autre, à travers une femme qu'on a tant aimée. Et qu'il ne fallait pas accompagner vers la maternité (tabula rasa, n'est-ce pas, Ubu?).
Moi - Je pleure.
D'abord, c'est le silence et le calme dans un corps qui n'a pas encore été submergé. Qui ne s'attend à rien. Qui pense qu'on va passer à autre chose. Puis mon corps se met à remuer. La poitrine enfle, se désemplit, enfle, se désemplit. Elle est peu à peu parcourue de soubresauts. De tremblements. Les larmes accélèrent leur chute.
Moi - Je me rappelle mon grand-père, qui a perdu son unique fils, d'une morsure de serpent, très jeune. Et qui m'a parlé de ça quand A. a été malade. Il disait "Ce sont ceux qui en veulent le plus [des enfants] qui n'en ont pas". Il était au bord des larmes. Il était sans doute ému et jaloux, à la fois, que nous disposions d'un traitement pour la grave maladie d'A., lui qui avait été impuissant face à l'erreur médicale qui a précipité le destin de son enfant.
Elle - Tu penses à la maladie d'A. ?
Moi - Je ne sais pas.
Cette fois, la pleuraison est partie. Les tremblements sont devenus des hoquets. Les larmes devenues des rivières. Je pleure abondamment, comme un bébé, comme un orage d'été. Je pleure. Elle me prend dans ses bras.
Moi - Je ne sais pas ce qui m'arrive.
Elle - Ce n'est rien. Ce n'est rien.
Je pleure dix minutes ainsi, parcouru de hoquets. Les larmes ont atteint ses épaules. Je suis totalement abandonné à elle, qui ne comprend sans doute pas tout, mais avec qui je peux être moi-même, et qui m'accepte tel que je suis.
Ensuite, le soulagement. Je n'ai pas de mots pour décrire, pour expliquer mon émotion. Elle ne m'en demande pas. Nous parlons encore, d'autres choses, puis le sommeil vient. Il est tard. Très tard.

Photo (c) : http://www.flickr.com/photos/95055689@N00/444679786/